LA LETTRE N°31 - FEVRIER 2016 : MANAGERS, DIRECTEURS, NE RESTONS PAS SEULS !

MANAGERS, DIRECTEURS, NE RESTONS  PAS SEULS !

La solitude du directeur… La solitude du chef… Un thème récurrent qui irrigue les conversations entre pairs ; un marqueur de l’exercice professionnel aussi, puisqu’il  y a peu de fonction où l’on est à ce point entouré (s’il y a un dirigeant, il y a toute une équipe à diriger !) et, en même temps, à ce point isolé (par définition, il n’existe qu’un seul chef au sein d’une même équipe.)
De fait, ces fonctions de cadre sont exposées et à haute portée symbolique. 
Exposées parce que ces places de pouvoir portent en elles une part de mythe d’infaillibilité qui conduit le manager à penser qu’il ne saurait échouer sans porter atteinte à sa propre légitimité. Et puis les paroles, les actes, les attitudes du manager sont regardés à la loupe, interprétés, sur-interprétés et on sait comment une remarque banale, prise au pied de la lettre, est chargée d’une intention qui dépasse tout ce qu’aurait imaginé son auteur. On n’apprend pas, dans les écoles de cadres, à apprivoiser cette visibilité, comme si elle n’était qu’un attribut naturel et évident de la fonction.

Des fonctions à haute portée symbolique, aussi, parce que le chef représente autre chose que lui-même, incarne son service, son institution et devient, aux yeux des autres, la voix et le visage de l’ensemble du collectif qu’il dirige.

Mais il y a autre chose. La solitude du cadre est constitutive de sa fonction ; elle est un attribut de la fonction ; elle caractérise le métier : au sein de son unité ou de son institution, le chef de service, le directeur définit sa légitimité par sa capacité à endosser seul le poids des arbitrages.
Le temps de la délibération est collectif : on est moins bête à réfléchir à plusieurs et c’est ensemble que l’on construit une orientation juste. Mais lorsque vient le temps de la décision, au moment où il faut choisir parmi tous les possibles, le décideur est le seul à devoir arbitrer. Il ne peut s’y dérober ; c’est le sens même de sa responsabilité.

Le fardeau est pesant.
Il impose que l’on en parle, que l’on en échange avec ses pairs, que le collègue, en miroir, nous rappelle au réel, à nos limites, qu’il porte avec soi un peu de nos angoisses.
Analyse de la pratique, atelier du management, approfondissement professionnel… L’offre existe ; les formes en sont multiples, ajustées à chacun. Ça prend du temps, certes. Mais ce travail constitue pourtant une absolue exigence professionnelle.

  

                                                           Bernard LEMAIGNAN
                                                           Directeur Général. 

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