La lettre N°23 - LA DESINSTITUTIONALISATIONUNE NOTION D'ACTUALITE DANS LE SECTEUR SOCIAL : LA DESINSTITUTIONALISATION On ne parlait pas encore de désinstitutionalisation, lorsqu’en 1978 quelques militants fervents travaillent à sortir les patients des murs de l’hôpital psychiatrique et créent l’ASEPSI, (ASsociation pour l’Etude et la Promotion des Structures Intermédiaires). Pourtant c’est bien de cela dont il s’agissait : déjà à l’époque, certains considèrent que le cadre, le « contenant » des établissements censés soutenir les personnes vulnérables exerce surtout une contention délétère : l’institution est par nature répressive et totalitaire. Peu de mois plus tard, le mouvement des « lieux de vie » reprend à son compte cette analyse : les institutions sociales, les normes et les contraintes des organisations « instituées » pour l’enfance en difficulté constituent autant de carcans qui entravent la relation éducative, la reconnaissance de l’individu singulier et sa capacité à trouver sa place dans la société. Il faut s’en dégager, s’en libérer et promouvoir le « vivre ensemble ». Une génération plus tard, le Conseil de l’Europe remet ce concept sur le devant de la scène dans le cadre d’une recommandation du Conseil de l’Europe en date du 3 février 2010[1] qui préconise le maintien « le plus possible » des enfants handicapés dans leur milieu de vie ordinaire grâce à des services de proximité. Une nouvelle « désinstitutionalisation » qui s’éloigne de son sens politique d’origine pour tracer plutôt de nouvelles modalités de prise en charge : développement de l'ambulatoire, multiplication des structures sans hébergement, mesures dites de « placement à domicile », etc. Mais ce mouvement doit aussi être lu dans un contexte plus général de société : chacun d'entre nous est moins enclin aujourd'hui qu’hier à accepter le principe même de « l’institué », une orientation, un état de fait qui préexisteraient à l’individu et auxquels il devrait se référer ; la parole, le cadre, l’autorité instituée, les règles collectives qui font « institution » sont suspectes. Pourtant il n’existe pas de collectif qui puisse se passer d’une colonne vertébrale, d'une structure pour exister et se maintenir : il lui faut un certain nombre de règles, de normes et de rites, autant d'éléments dont ce principe de désinstitutionalisation devra tenir compte. Deux évènements en Rhône-Alpes s’attellent à ces questions : Une journée d’étude régionale organisée par l’Association Championnet se tient ce lundi 11 mai à Seynod : « La désinstitutionalisation : un mouvement inéluctable ! Est-il pour autant souhaitable ? » Et puis, cet automne, les 7, 8 et 9 octobre, l’Association des Directeurs et Cadres de direction tient ses journées d’études nationales à Annecy : « Vers une nouvelle forme d’institution. Complexité et enjeux d’une réalité de direction aux multiples facettes » www.adc-jnef2015.fr.
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