La lettre N°21 - JACQUES DESIGAUX : UN DIRECTEUR EMBLEMATIQUE

Jacques Désigaux, fondateur et premier  directeur de l'ARAFDES est décédé ce 13 février à  l’âge de 68 ans.

 Dominicain de la communauté d’Eveux, il rentre au Conseil Général du Rhône au début des années 1970, en charge du placement familial, puis devient formateur à l’Ecole Sociale du Sud Est. En 1981, quatre instituts de formation décident de se regrouper pour assurer la formation préparatoire au CAFDES ; c’est à lui qu’est confié le soin de créer cette nouvelle école : l’ARAFDES ouvre ses portes.

 Jacques dirigera notre institution pendant près de 20 ans, avant de fonder « DirectTransition », un cabinet de management de transition pour le secteur social où il restera jusqu’à la fin de sa carrière.

Jacques Désigaux est un homme de conviction, un intellectuel engagé, un dirigeant fervent : sept ans après l’ouverture, en septembre 1988, l’ARAFDES s’installe à Vénissieux, quartier de la Darnaise aux Minguettes. C’est un quartier difficile ; l’OPHLM développe une politique volontariste de « diversification d’usage », notamment en vue de prévenir les effets de ghetto et Jacques se saisit de cette opportunité pour déménager l’ARAFDES aux Minguettes : de son point de vue, « les directeurs doivent être au plus près du terrain. » L’ARAFDES se veut, à cette époque, un laboratoire de l'action sociale moderne : 
«L'intérêt de l'implantation « Minguettes » résiderait surtout dans la proximité de l'institution et ses formateurs avec les situations qui justifient l'action sociale, une sorte de garde-fou contre les risques d'une déconnexion entre la réflexion et les réalités sur lesquelles elle porte. Plus qu'un effet opérationnel précisément repérable, il s'agirait d'un bain, d’une culture, d’une sensibilité : penser l’action sociale ne pourrait être l'affaire de mandarins ou pur jeu intellectuel. »[1]

 Ce ne seront pas des années faciles et nombre de stagiaires et de permanents de l’époque se souviennent encore de leur voiture caillassée ou vandalisée… Les années 92 et 93 ont été particulièrement rudes et ont amené le conseil d'administration à s'interroger sur le bien-fondé de cette implantation. Mais, fidèle à ses convictions, Jacques considère que la dimension éthique et politique de cet engagement social ne saurait être remise en cause.

 A tel point que, en 1997, lorsque le conseil d'administration décidera de quitter les Minguettes, Jacques remet sa démission.

 Nous avons fait connaissance il y a quelques mois, tous deux touchés de cette rencontre : il retrouvait, transformée mais bien vivante, l’œuvre qu’il avait conçue presque 30 ans plus tôt ; je comprenais l’intention et les choix qui avaient inspiré l’ARAFDES d’aujourd’hui.

 Une institution a besoin de connaître ses racines pour s’ancrer dans son temps et penser son avenir. Jacques Désigaux est l’artisan de cet ancrage et aura permis à ses successeurs de poursuivre le chemin de l’ARAFDES.                     

                         Bernard LEMAIGNAN
                          Directeur Général

 

 

  


  1] Jacques DESIGAUX. Cinq ans aux Minguettes. Chronique pour un jour de bilan. Document interne ARAFDES. 1993. 

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